J’ai décidé
de commencer le défi 365 vers minuit, le 11 janvier 2012. Pourquoi? Avais-je
quelque chose à prouver? à ME prouver? Honnêtement, je n’en ai aucune idée. Sur
le coup, c’était la meilleure idée que j’avais eue de toute ma vie. Quelques
jours plus tard, c’était plutôt le contraire. Encore une fois, pourquoi? Parce
365 livres, c’est beaucoup. Les lire n’est pas un problème. Mais en trouver
autant, c’est une autre paire de manches!
Bon. J’ai
près de 200 livres dans ma bibliothèque personnelle et il y en a pratiquement
le tiers que je n’ai pas lu. Parfait. C’est déjà ça de trouvé. Et si je les ai
achetés, c’est que j’avais le gout de les lire, nécessairement. Ensuite? Je
vais chez ma sœur, vide ses piles de livres par terre et en rapporte à la
maison une trentaine. Super. Mais je mets ça où, maintenant? Enlève la radio
qui ne sert plus, replace les disques sur la bonne tablette, passe un coup de
chiffon : et une tablette de libre, une! Ce sera ma tablette Défi
365 : d’un côté, les livres de ma sœur, de l’autre, ceux que j’emprunte
dans les bibliothèques. Oui, oui. Parce que je vais à la bibliothèque en plus.
Et je remplis toutes les cartes (trois!) à ma disposition. Ouf! Voilà une bonne
première étape de faite.
Maintenant,
par lequel commencer? J’en ai beaucoup trop. Ils m’intéressent tous.
Particulièrement lui parce que j’ai déjà lu les premiers tomes. Et lui aussi,
ça fait longtemps que je veux le lire. Ah! Mais la couverture de celui-ci
m’attire! Et la quatrième de cet autre est tellement évocatrice... Quel
dilemme!
Et c’est à ce
moment-là que je me dis : « Mais dans quoi me suis-je embarquée?
Est-il encore temps de reculer? (Non, c’est déjà écrit sur Facebook, c’est
rendu officiel!) Pfft! J’ai beaucoup
plus d’orgueil que ça! Je vais les lire, ces 365 livres, et même un de plus,
puisqu’on est une année bissextile! Je vais leur en mettre plein la vue! »
Ah, l’orgueil... Quelle plaie, parfois! Mais je prends un livre, puis un deuxième,
et un troisième, etc. Je finis par embarquer dans le défi, par accepter cette
nouvelle « facette » de ma vie qui sera un enfer pour la prochaine
année... Je retombe dans mon adolescence avec Tania Boulet, je fais de
merveilleuses découvertes comme la collection TABOU et la série Hunger
Games, je pleure ma vie avec Dominique Demers et sa Marie-Lune. Bref, beaucoup d’émotions!
Oui, oui. Un enfer. Mettez-vous à ma
place...
Tout d’abord, vos amis vous traitent de folle. Ils se
demandent où vous allez trouver le temps de lire entre vos trois emplois, votre
baccalauréat et vos sorties mondaines. « Facile, voyons! Je vais lire,
euh... dans le transport en commun! Voilà! » Vous ne cognerez plus de
clous, vous allez vous taper un livre assise inconfortablement dans l’autobus
ou coller (de façon indésirable?) sur un utilisateur du métro. Mais c’est possible,
il ne faut pas abandonner.
Ce serait lâche de votre part.
Oui, parce qu’un de vos buts étaient de très bien
connaitre la littérature jeunesse puisque c’est ce que vous allez enseigner.
Autant commencer tout de suite, alors que vous avez le temps de vous y mettre.
N’attendez pas d’avoir des millions de copies à corriger, des cours à planifier
et deux enfants sur les bras avant de vous rendre compte que vous auriez dû
faire ce choix lorsque vous étiez plus jeune.
Vous avez mieux à faire de votre
temps, c’est-à-dire influencer votre entourage...
Mais, petit à petit, vous voyez que les gens autour de
vous se promènent souvent avec un livre sous le bras ou dans le sac. Mmmh.
Étrange. Ce n’est pourtant pas dans leurs habitudes. Et c’est à ce moment-là
que vous vous rendez compte que vous avez influencé, voire inspiré, vos
meilleurs amis en décidant de relever ce défi. Une amie qui trouvait que lire
était une perte de temps vous raconte maintenant le nouveau livre qu’elle a lu.
Et ce, à chaque semaine. Quel changement! Une autre vous demande quels titres
qui se trouvent parmi votre liste de lecture se rapportent aux problèmes que
rencontrent les adolescents. Tiens, intéressant. Et ainsi de suite. Un peu
d’orgueil? Oui. Vous avez poussé des gens à la lecture sans même le vouloir.
C’était un pouvoir inconscient. Que pourrez-vous donc faire avec vos élèves?
Sortez donc de votre bulle!
Puis la vie continue, mais vous prenez un peu de
retard, que vous rattrapez la semaine suivante. Mais n’oubliez pas : vous
avez commencé le défi le 11 janvier, ce qui veut dire que vous êtes 10 jours,
donc 10 livres, en retard. Ah! Tiens! Une grève générale illimitée. Quelle
bonne façon de reprendre le temps perdu. Mais ça, c’est sans compter les
innombrables périodes de suppléance imprévues... Attendez la semaine suivante,
c’est la relâche des écoles secondaires. Farniente. Seule à la maison, un, ou
plusieurs, livres à la main, vous vous mettez à la tâche. Et vous le faites
bien!
La question qui se pose à présent
est : le retard pourra-t-il être rattrapé?
C’est à suivre...
Février 2012
Je suis très fière de toi Sophie!
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