Avant de
commencer, je tiens à résumer un tantinet l’histoire de ce premier volet d’une
série de trois livres de Suzanne Collins.
L’Amérique
du Nord n’est plus. De ses cendres est née Panem, une contrée où se côtoyaient
13 districts soumis au règne de la ville Capitole. Lorsque les districts se
révoltèrent, le Capitole anéantit le District 13 et garda les 12 autres dans la
peur et la survie. Pour leur rappeler cet affront, le Capitole exige que chaque
district lui fournisse, à chaque année, un garçon et une fille âgés entre 12 et
18 ans, afin de les envoyer dans une arène où ils devront se battre jusqu’à
mort. Selon les règles du jeu, il n’y a qu’un seul survivant. C’est à cette téléréalité
morbide, qui plait tant aux habitants du Capitole, que participera Katniss
Everdeen, après s’être portée volontaire pour préserver sa sœur des immondices
de ce jeu vicieux.
Depuis l’été
dernier déjà, une bande annonce non-exhaustive paraissait au cinéma. Je l’avais
aperçue alors, mais je n’y avais pas vraiment porté attention. Ce n’est que
récemment, soit au mois de décembre, que je me suis penchée sur cette trilogie,
et je dois dire que j’ai dévoré allègrement les deux premiers tomes. Dès la fin
du premier roman, je me suis précipitée sur Internet afin de regarder les
bandes annonces. À partir de ce moment, je me suis créé de grandes attentes :
je dois dire que je n’ai pas été déçue.
Le
casting est, d’après moi, extrêmement bien fait. J’ai lu quelques critiques
assez sévères à propos du casting, surtout concernant le choix de Jennifer
Lawrence pour Katniss, et je crois qu’elles n’ont pas raison d’être. Chaque
personnage correspond physiquement à l’acteur qui l’interprète, rendant fidèle
au roman l’adaptation cinématographique. La seule surprise que j’ai eue fut de
voir Lenny Kravitz qui jouait Cinna, le styliste de Katniss. Malgré tout, j’avoue
qu’il a été excellent. Du côté de l’interprétation, j’ai adoré le détachement
dont faisait preuve Katniss, l’émotivité de Peeta, la jalousie de Gale, le
désespoir de Prim, l’excentricité d’Effie, la compassion de Cinna et l’ébriété de
Haymitch.
Quant à
la « trame de fond », tout était au point. La pauvreté des districts
est poignante et réaliste. On voit à quel point le Capitole a un impact
important sur la vie des habitants de Panem. D’un autre côté, l’éblouissante
Capitole est tellement colorée qu’on n’a pas de difficulté à croire à l’excentricité
et la supériorité de ses habitants. Le contraste entre les deux modes de vie
est saisissant, ce qui ne fait qu’augmenter la présence de la réalité politique
totalitaire de Panem : les gens du Capitole ont droit à tout alors que
ceux des districts vivent de façon minimaliste. De plus, l’enchainement des
scènes est assez fluide et respecte au plus grand point le roman de Suzanne
Collins : c’est cet aspect qui m’a particulièrement plu. J’ai l’habitude
de voir des films qui s’inspirent de romans ou qui tentent de les reproduire
maladroitement. Je dois vous avouer que l’adaptation cinématographique de
Hunger Games est la meilleure que j’ai vue depuis un certain nombre d’années.
Par contre,
en tant que grande fan, je me suis aperçu qu’il manquait quelques petits
détails, qui m’avaient marquée lors de ma lecture. Tout d’abord, les « tracker
jackers » piquent Katniss lorsque celle-ci tente de se débarrasser de l’alliance
des districts 1 et 2. Elle hallucine pendant quelques jours et se réveille,
épuisée, à bout de forces. Or, dans le film, on voit la jeune fille se relever,
tout naturellement, comme si elle venait de faire une sieste, saisir son arc et
repartir à l’aventure. Après plusieurs jours de Hunger Games, ainsi qu’un venin
hallucinogène coulant dans ses veines, elle n’aurait pas du se remettre aussi
facilement, en si peu de temps. Dans la même lignée, il est clair que la jeune
Jennifer Lawrence possède un visage rond et bien en chair, mais cela ne cadrait
pas totalement avec le contexte du film. Je crois que le maquillage approprié
aurait réussi à lui rendre l’air plus émacié, soit plus réaliste avec la
situation. Finalement, lorsque Katniss conçoit une sépulture à Rue, le peuple
du district 11 la remercie en lui envoyant un pain provenant directement de
leurs fours. Il n’est aucune mention de ce geste de solidarité dans le film,
alors qu’il est extrêmement important : c’est là que commence la nouvelle
révolution.
De façon
générale, l’adaptation cinématographique du premier roman de la série
dystopique de Suzanne Collins est un réel succès. Ceux qui auront lu le livre
ne sauront pas déçus, et ceux qui n’en auront pas tourné une page seront
époustouflés. Ce film est à voir absolument, si possible au cinéma, afin de
voir l’ampleur des images et de l’action.